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Centre national de ressources et d'information sur l'intelligence économique et stratégique

Intelligence collective


Definition
Selon Pierre Lévy, l’intelligence collective est « une intelligence partout distribuée, sans cesse valorisée, coordonnée en temps réel, qui aboutit à une mobilisation effective des compétences ». Plus précisément, l’auteur entend : • « Partout distribuée » : personne ne sait tout, tout le monde sait quelque chose, le savoir est dans l’humanité et non dans une entité transcendante qui organiserait sa répartition auprès de la société. • « Sans cesse valorisée » : le collectif humain ainsi organisé aurait pour richesse centrale l’humain en personne. Pierre Lévy insiste sur la notion fondamentale d’économie des qualités humaines. Ainsi, chaque membre du collectif serait porteur d’une richesse qu’on ne pourrait négliger et qui lui assurerait une place et une contribution uniques au sein du collectif intelligent. • « Coordonnée en temps réel » : la référence est ici faite au cyberspace, outil de support et de soutien de l’intelligence collective, qui seul permet une communication médiatique à grande échelle. • « Qui aboutit à une mobilisation effective des compétences » : l’intelligence collective n’est pas qu’un concept théorique ou philosophique, elle peut sous-tendre une nouvelle organisation sociale effective et efficace, basée sur les compétences, le savoir et les connaissances. L’intelligence collective favorise la puissance plutôt que le pouvoir.
Enjeux

Les formes d'intelligence collective sont très diverses selon les types de communauté et les membres qu'elles réunissent. Les systèmes collectifs sont en effet plus ou moins sophistiqués. Les sociétés humaines en particulier n'obéissent pas à des règles aussi mécaniques que d'autres systèmes naturels, par exemple du monde animal. Pour les plus simples les caractéristiques sont :
• Une information locale et limitée : chaque individu ne possède qu'une connaissance partielle de l'environnement et n'a pas conscience de la totalité des éléments qui influencent le groupe.
• Un ensemble de règles simples : chaque individu obéit à un ensemble restreint de règles simples par rapport au comportement du système global.
• Les interactions sont multiples : chaque individu est en relation avec un ou plusieurs autres individus du groupe.
• La structure émergente est utile à la collectivité : les individus trouvent un bénéfice à collaborer (parfois instinctivement) et leur performance est meilleure que s'ils avaient été seuls.

Caractéristiques :
• décentralisation du savoir et des pouvoirs,
• autonomie des individus valorisés en tant que créateurs de sens,
• expansion d'un espace intersubjectif dégagé des contraintes économiques et étatiques.
• interactivité constante entre les individus et leur environnement (technique, économique.
• écologique...) dont les modifications sont perçues et contrôlées en temps réel.
• désagrégation des structures massives (que l'auteur appelle "molaires") au profit d'entités autonomes, petites et conviviales.
• émergence d'une nouvelle convivialité et d'une nouvelle éthique.

Perspectives

Il s’agit d’observer quelle place occupe l'intelligence collective dans les entreprises.?Dans la plupart des entreprises, l'intelligence collective se matérialise au quotidien par des coopérations intellectuelles que l'on observe en particulier dans les temps de réflexion collective. Elle est souvent faible pour des raisons de cultures, d'habitudes managériales et de technologies déficientes.
Dans une entreprise intelligente, il est important de distinguer réflexion collective et communication collective :
• La communication permet d'échanger des informations sans qu'il y ait forcément des coopérations intellectuelles.
• La réflexion implique des coopérations intellectuelles qui permettent de créer l'information, de lui donner du sens et d'interagir sur l'information existante pour la transformer en une nouvelle information.
Il est également important de distinguer réflexion collective et décision collective. L’IC apparait pour certains dangereuse : elle conduit à créer une entreprise démocratique (une organisation dans laquelle toutes les décisions seraient prises à la majorité). La confusion est donc grande dans les esprits entre réflexion et décision, et elle n'est pas fortuite.
Cependant l'IC n'a rien à voir avec l'action de décider en tant que telle, mais avec l'action de réfléchir, de coopérer, d'innover, de créer... L'IC contribue, certes, au processus d'émergence de la décision mais n'impacte pas directement la prise de décision. Peu importe que la décision soit celle d'un seul ou de plusieurs. Ce qui est important, c'est que la construction de la décision ait mobilisé l'intelligence collective et les connaissances.
En fait, l'IC n'induit pas une redistribution du pouvoir (chacun reste à sa place, chacun conserve la même quantité de pouvoir) mais un changement dans l'exercice du pouvoir, dans les modes de management. L'IC implique, donc, une nouvelle gouvernance des organisations qu'on appelle le management de l'intelligence collective.
C'est pourquoi le projet de l'intelligence collective consiste précisément à valoriser toute la diversité des connaissances, des compétences et des idées qui se trouvent dans une collectivité, et à organiser cette diversité en un dialogue créatif et productif. La culture de l'intelligence collective travaille à établir de manière douce et pacifique un "multilogue" ouvert, qui est préférable aussi bien au cloisonnement et à l'isolement des intelligences, qu'à l'uniformité bien pensante."

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