Quantique : Quobly, la pépite grenobloise qui attise l’appétit du suisse SEALSQ

L’informatique quantique représente une rupture technologique profonde, promettant des capacités de calcul infiniment supérieures à celles des architectures classiques. Dans ce contexte de compétition technologique mondiale, la start-up française Quobly fait l’objet de discussions en vue d’un rachat potentiel par le groupe suisse SEALSQ, illustrant l’intensification de la bataille industrielle autour du quantique.

Quobly est une deeptech grenobloise fondée en 2022 issue de travaux du CEA-Leti et du CNRS. Elle est spécialisée dans la microélectronique quantique sur silicium et le développement de processeurs quantiques compatibles avec les chaînes de fabrication CMOS (fabrication des circuits intégrés). L’objectif à long terme est de créer des ordinateurs quantiques industriels tolérants aux erreurs, exploitant des qubits (bits quantiques) basés sur des technologies de semi-conducteurs. Cela pourrait accélérer l’adoption industrielle du quantique à grande échelle. Quobly a noué des partenariats industriels, notamment avec STMicroelectronics pour industrialiser ses puces. La startup a également levé des fonds importants (≈40 M€ cumulés) pour soutenir en particulier son programme Q100T (puce de 100 qubits physiques), une étape vers le calcul tolérant aux fautes.

En janvier 2026, SEALSQ a annoncé la signature d’un protocole d’accord non contraignant avec Quobly pour investir jusqu’à environ 200 M$ et potentiellement acquérir une participation majoritaire dans la start-up grenobloise. Les deux entités ont déjà collaboré par le passé pour explorer l’intégration de plateformes de calcul quantique et de sécurité matérielle. L’opération s’inscrit alors dans une stratégie plus large de construction d’un champion européen du quantique “secure-by-design”, capable de rivaliser avec les acteurs américains ou chinois. Malgré son atout essentiel pour des secteurs sensibles (défense, banques, télécoms), un risque de dilution de la souveraineté persiste, SEALSQ étant suisse.

Le quantique est donc devenu un terrain de compétition géopolitique où la maîtrise de la chaîne de valeur (matériel, logiciels, sécurité) conditionne l’autonomie stratégique d’un pays. Une intégration européenne robuste de technologies quantum-secure renforcerait la résilience des infrastructures critiques. Avec Alice & Bob et Quobly, la France est bien positionnée dans la course au quantique, grâce à un écosystème scientifique et industriel de premier plan.

Ambroise GENET

Pour le club Data et IA de l’AEGE

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