Le 4 septembre 2026, la huitième édition du World Giverny Forum réunissait responsables économiques et institutionnels autour des transformations environnementales et sociales.
Organisé par le Cercle de Giverny, le World Giverny Forum associe trois dimensions : la soutenabilité, la souveraineté et la sécurité.
José Manuel Barroso, ancien président de la Commission européenne, était invité à examiner la puissance européenne dans un monde fragmenté. Mathias Cormann, à la tête de l’OCDE, et Marie-Claire Daveu, chargée du développement durable chez Kering, figuraient dans une séquence consacrée aux relations entre durabilité et compétitivité. La protection des infrastructures critiques mobilisait notamment Justine Coutard, du Groupe ADP, et Émilie Piette, de RTE. L’électrification et l’autonomie énergétique européenne étaient également au programme, avec Marianne Laigneau, d’Enedis. L’attention portée aux parcours scientifiques et à la santé mentale au travail complétait ce programme.
Une enquête de l’Ifop pour le Cercle de Giverny, menée les 25 et 26 août 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 personnes, indiquait que 84 % des répondants souhaitaient que les grands projets industriels soient conditionnés à la disponibilité future de l’eau.
Pour une entreprise, engager une transition suppose d’arbitrer entre plusieurs contraintes : disponibilité des ressources, coût des technologies, solidité des fournisseurs, évolutions réglementaires et acceptabilité des projets. Une décision favorable sur un critère peut créer une vulnérabilité sur un autre. Réduire une consommation énergétique, par exemple, exige aussi d’examiner les équipements nécessaires, leur provenance et les dépendances qu’ils introduisent.
La qualité de l’information devient alors une condition de la décision. Il faut identifier les sources pertinentes, confronter les données, comprendre les intérêts des acteurs et distinguer les engagements affichés des capacités réelles. La veille stratégique, la cartographie des parties prenantes et l’analyse des dépendances permettent de mettre les objectifs de RSE à l’épreuve des conditions concrètes de leur réalisation.
De ce point de vue, la donnée sur l’eau relevée par l’enquête Ifop illustre bien l’enjeu : une entreprise qui ignorerait la disponibilité de cette ressource dans ses arbitrages s’exposerait à un risque que ses parties prenantes, elles, anticipent déjà. C’est cette capacité à relier des dimensions distinctes, ressources, réglementation, perception sociale, que l’intelligence économique apporte à la décision stratégique.
L’AEGE, représentée par l’EGE Junior Conseil, était invitée à cet événement par Romain Mouton, président du Cercle de Giverny. Elle le remercie, ainsi que l’ensemble des organisateurs, pour cette invitation et pour l’opportunité de prendre part à ces réflexions.